Le 10 Janvier 2010
France lève-toi !
Au seuil de cette nouvelle année, début de la deuxième décade du 21ème siècle, je voudrais adresser à tous mes meilleurs vœux de bonheur, de santé et de prospérité.
Et dans ces moments moroses et neigeux, j’adresse à ce pays cher à mon cœur, la France, mes vœux les plus sincères ainsi qu’un peu de soleil de l’Arizona.
Cela fait un peu plus d’un an que je vis aux USA, en Arizona. Fin 2008 et 2009 ont été catastrophiques pour le monde entier au niveau de l’économie réelle. Je ne suis pas venu ici au meilleur moment, c’est le moins que l’on puisse dire. Et pourtant…Pour autant que je puisse le constater au travers de mes lectures, des informations diverses que je reçois tous les jours, ce n’est pas ici en Arizona que les choses sont au pire.
D’abord, restons pragmatique, ici il y a le soleil, tous les jours. Et même en ce moment on mange sur les terrasses, ce qui est appréciable quand on sait à quel point le beau temps influe sur le moral. L’Arizona n’est pas le Nord Est américain, je sais. L’Espagne n’est pas non plus la Norvège. Je ne parle que du temps qu’il fait, bien sûr.
Ensuite, il y a la vie de tous les jours. Eh bien, malgré la crise, malgré tout ce que j’entends et lis ici et là sur Internet, à la télévision française, dans les journaux français, je ne ressens pas autour de moi de catastrophe. Mes amis américains sont, ou en tout cas le laissent paraître, parfaitement heureux et détendus. Il n’y a pas de miséreux aux carrefours, les rues sont toujours d’une propreté impeccable, les voitures sont toujours neuves, silencieuses et propres. Le carburant super coute toujours $2.50 le gallon de 3.72 litres, les prix n’ont pas augmenté et parfois même ont diminué (vêtements, voitures, maisons, électronique). Le gouvernement aide au maximum ceux qui ont perdu leur emploi, fournit des aides pour diminuer les factures d’assurance, de crédit, d’études. On pense même à l’écologie : ici plutôt qu’une taxe carbone, on peut déduire le montant de ses investissements dans le solaire, et partout on vend des panneaux solaires pour les particuliers à des prix sans commune mesure avec les prix français.
Comme je le disais dans un précédent article, les américains sont pratiques, disciplinés et pensent d’abord à ce qu’ils peuvent faire pour leur pays plutôt qu’à ce que le pays peut faire pour eux. Ils savent que cette crise est profonde, qu’elle n’est pas terminée et qu’elle laissera des cicatrices. Alors ils se mettent à étudier, pour changer de métier, se reconvertir. Les collèges sont débordés d’inscriptions d’adultes, chômeurs où non. A tout âge on peut apprendre un nouveau métier, car il n’y a aucune discrimination à l’embauche, surtout par rapport à l’âge. La seule chose qui compte c’est la compétence. Evidemment, ici il y a la préférence nationale et ce sont les citoyens américains qui ont droit en priorité aux aides américaines et aux emplois américains. Charité bien ordonnée commence par soi-même.
Cette crise leur a aussi fait perdre un peu de leur confiance dans le monde de la finance, complètement déconnecté de leur capitalisme à eux, qui est entrepreneurial avant tout. Alors ils se mettent à épargner, ce qui n’est pas une mauvaise chose pour eux, car ils ne manquent de rien et sont autosuffisants dans tous les domaines. Mais c’est une catastrophe pour le monde car quand les américains n’achètent plus, la Chine, l’Asie, l’Europe vacillent. Les marchés financiers ne se soucient que de la santé américaine, peu leur importe les faillites de Dubaï, de la Grèce ou de l’Islande. Peu leur importe les déboires industriels de la France, le chômage européen, la crise qui empire partout dans le monde. Seule compte l’Amérique à leurs yeux. Peut-être ouvriront-ils les yeux lorsque la bulle chinoise explosera.
Ils ont laissé filer le dollar par rapport à l’Euro afin de favoriser leur économie. Les japonais, les coréens ont retrouvé les allemands sur le sol américain pour produire en zone dollar. Hyundai fait en ce moment une publicité sur son nouveau SUV « proudly made in USA ». Mercédès, BMW, Volkswagen, Toyota ont compris depuis longtemps qu’il fallait produire sur place. Vous ais-je dis qu’il n’y a pas l’ombre d’une voiture française ici ? GM a commencé la production de sa voiture électrique aux USA. Ici on ne parle plus de délocalisation mais de relocalisation. C’est une des différences énormes entre la France, l’Europe et les Etats-Unis. Les entrepreneurs sont libres, ils n’ont pas les carcans administratifs et les obligations européens.
Donc chacun sait que quand la crise sera terminée c’est l’Amérique qui en sortira renforcée et plus forte que jamais. Tout simplement parce l’Amérique c’est un peuple vraiment souverain, solidaire, entrepreneur et volontaire.
Evidemment, le chemin sera long, les américains le savent. L’immobilier, surtout le commercial est au plus bas, la dette fédérale est énorme, ainsi que le chômage. Ils savent que la prospérité d’avant ne sera plus jamais la même et ils s’y préparent.
Il ne sert à rien de rendre l’Amérique responsable des problèmes du monde. Ce n’est pas parce que votre président accusera les américains de tous les déboires économiques de l’Europe que cela changera les choses. Si l’Europe est si fragilisée, c’est tout simplement parce qu’elle n’existe ni politiquement, ni économiquement, ni militairement. L’Europe est un amalgame disparate de 27 pays qui n’ont aucun point commun, ni la langue, ni le système judicaire, ni la fiscalité, ni surtout la même volonté et la même motivation. Quant à l’Euro il n’a pas du tout protégé les économies de l’Euroland, contrairement à ce qu’on vous rabâche à longueur de journée. L’Euro est responsable de la perte de compétitivité de l’Euroland et du chômage endémique qui le frappe. Sans l’Allemagne, prisonnière de ce système pour des raisons historiques, l’Euro n’existerait plus depuis longtemps. Il est fort probable d’ailleurs qu’il implose en 2010, car l’Europe n’est même pas solidaire de la Grèce ou de l’Irlande, elle les laisse se débrouiller avec leurs problèmes, sans oublier les critères de Maastricht piliers de la stabilité de l’Euro et complètement explosés. Une sacrée différence avec l’Amérique, où un habitant du Kansas, du Nebraska ou de Virginie se sent chez lui en Californie, en Arizona ou à New-York. Même langue, même monnaie, mêmes lois fédérales partout. Et chaque Etat a ses spécificités en plus, comme les limitations de vitesse, les taxes locales (en Arizona, la TVA est à 8.5%).
Certains me rétorqueront et ils auront raison qu’il y a 30 millions d’américains (sur 310) sous le seuil de pauvreté (notion très fluctuante suivant les pays et qui correspond ici à un salaire de cadre (exploité) français), qu’autant ont des tickets d’alimentation ou de logement (je n’ai pas entendu que le RMI offrait la possibilité en France de se loger, se soigner et manger en même temps). Il y a en outre de nombreuses associations caritatives et n’oublions pas que les américains sont un peuple solidaire, qu’ils s’entraident en famille ou même entre amis.
Plutôt que de critiquer les autres et faire croire aux français qu’ils s’en sortent mieux que les autres alors que la situation française est pire que catastrophique, économiquement, politiquement, structurellement, certains feraient mieux de laisser leur arrogance au vestiaire et de cesser de vouloir donner des leçons au monde entier. Vos politiques vous ont trahis depuis trop longtemps et ils continuent, vos économistes vous ont menti et ils continuent. Vos divisions les arrangent bien.
J’ai malheureusement assez peu d’espoir de voir le village gaulois se réconcilier et s’assagir.
Quand je repense à cette France de mon enfance, les larmes me viennent aux yeux. Cette France là restera toujours et charnellement dans mon cœur, cette France si belle naturellement, cette France de la bonne chère et du plaisir de vivre, cette France de la fraternité, du dialogue, de l’humanisme, des droits de l’homme et des grands hommes.
Cette France qui n’existe plus, hélas. Cette France n’existe plus car elle n’aurait pas dû se livrer depuis plus de 40 ans à des apprentis sorciers qui l’ont salie, dévaluée, meurtrie, polluée, saignée, dissociée, disloquée, appauvrie, et reléguée au rang de république bananière. Elle s’est livrée à une oligarchie, une nomenklatura avide, dénuée de scrupules qui n’a pas hésité à sacrifier des générations entières pour son seul profit immédiat. Elle n’a plus de démocratique que le nom. Les mots « Liberté, Egalité, Fraternité » ne veulent plus rien dire.
France, lève-toi !
Quelle belle année nous venons de vivre !
2009. Une année s’achève. Celle-ci ne fut pas comme les autres. Celle-ci aurait pu être la dernière, tant les risques de déflagration, d’émeutes, de guerres, de famines et de pandémie catastrophiques, auront été importants. En tout cas, j’en suis heureux, il y en aura donc d’autres, d’années.
2009 marque la fin présumée de ce que les libéraux de tout poil ont appelé le « marché » et son corollaire, le capitalisme. En tout cas si cette année ne marque pas la fin réelle de cet immense bordel qu’est devenu le monde financier sans contrôle, elle en marque la prise de conscience populaire. En effet cette année les gouvernements ont dépensé pour sauver les banques 8000 milliards de dollars, soit 200 fois plus qu’il n’en aurait fallu pour éradiquer la faim dans le monde (47 milliards exactement d’après l’ONU) et encore 200 fois plus que les mesures de Copenhague destinées à sauver la planète de nos enfants (42 milliards exactement). Et qu’ont fait les banques ? Elles se sont empressées de spéculer comme des malades sur les marchés financiers, profitant de ce que les politiques dans leur candeur-connerie, n’avaient mis aucun garde fou, aucune règle, aucune contrainte et encore moins de contrôle sur les dits marchés financiers. Cette année aura vu le nombre de magouilles, de manipulations boursières éhontées, de trafic de bilans, d’augmentations de capital pharaoniques, d’émissions d’obligations à des taux insensés, être encore plus flagrant et honteux que par le passé. Les banques ont donc repiqué le fric que les états stupides leur avaient prêté, grâce aux mêmes instruments financiers qui les avaient fait perdre des fortunes l’année précédente. Ils l’ont repiqué aux institutionnels, aux collectivités, aux assurances retraites, aux petits porteurs. Bref à tous ceux qui n’ont même pas encore commencé (ça va venir) à payer dans leurs impôts et leurs taxes quotidiennes le fric prêté aux banques pour spéculer. Et puis, elles ont fait des augmentations de capital dilutives, histoire de baiser une troisième fois les petits actionnaires (ils aiment tellement ça) afin de rembourser les Etats, de s’affranchir de supposées règles qui ne seraient jamais venues de toutes façons, et de se verser des bonus supérieurs à ceux de 2007, année grandiose de sommet de bulle. En attendant les petits porteurs se retrouvent avec un CAC40 inférieur de moitié à ce qu’il était dix ans plus tôt avec des valeurs cotant deux fois moins qu’en 1995. Et au passage ils ont vu les dirigeants d’EADS blanchis, circulez y’a rien à voir. « Investissez pour le long terme qu’ils disaient ». Les marchés sont devenus le milieu réservé des day-traders et des logiciels quantiques. Le milieu des initiés, des mafias financières. Le petit porteur lui, n’a pas accès aux « bonnes » informations, lui on lui sert la soupe journalistique assaisonnée par les économistes, analystes, gérants habituels et fourvoyés, les mêmes qui n’avaient pas vu la crise arriver et qui parlent aujourd’hui de sortie de crise et d’avenir radieux. C’est sûr qu’avec 25% de la population active sans emploi et bientôt sans ressources dans les pays dits civilisés et « riches », on va voir la consommation augmenter, bien sûr. Et si ce n’est pas encore assez les petits chinois avec leurs bas de laine remplis à ras bord de dollars dévalués vont venir nous sauver, bien sûr, bien sûr. Après nous avoir acheté à crédit pour une bouchée de pain notre technologie nucléaire, notre avionique, notre TGV. Bien sûr ils vont se contenter de fabriquer des maquettes de trains, d’avions, de centrales nucléaires qu’ils mettront dans les magasins de jouets pour les riches enfants de chine. Comme ils ont fait finalement avec nos téléviseurs, nos téléphones, nos ordinateurs…Mais rassurons nous, nos gouvernants gouvernent, ils sont satisfaits d’eux-mêmes. Le président français a doublé la dette, multiplié le déficit par cinq et plus que doublé le nombre de chômeurs, tout en créant 25 nouvelles taxes, mais il est satisfait. Sans lui le monde s’écroulait. « Mais oui ma brave dame, c’est bien vrai qu’il est grand notre président ». Les anglais, chantres du libéralisme et du capitalisme, ont nationalisé leurs banques. Les américains plutôt que de diminuer leur dette ont décidé d’augmenter le plafond constitutionnel d’endettement maximal qui était fixé à 12400 milliards de dollars et qui donc augmente de 290 milliards de plus. Facile de changer les règles au fur et à mesure.
La FED fabrique des billets, en veux-tu, en voilà, que les banques viennent chercher gratuitement pour les re prêter 4 à 5 points au dessus, et spéculer jusqu’à plus soif, jusqu’à l’outrance. La BCE, dirigée toujours par les mêmes aveugles « gardiens de l’inflation qu’ils disent », laisse ses taux inchangés faisant monter l’euro de manière artificielle et condamnant à mort les PME et entreprises exportatrices. Il y en a même qui ont crû un instant qu’on allait remplacer le dollar par un panier de monnaies dont l’Euro et le Yuan seraient la base. Quelle naïveté. Le dollar est et restera la monnaie de référence, car même s’il a des défauts, rien ne peut le remplacer à l’heure actuelle.
Les pays européens les uns après les autres s’enfoncent dans la faillite. L’Islande, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, l’Ukraine, le Royaume Uni, l’Espagne, le Portugal, la Grèce…Bientôt ne restera plus que le coq gaulois, campé sur ses certitudes qui sont autant de chiffres maquillés et truqués, tels que peut les fournir une économie communiste. Rappel : une économie communiste est une économie qui confisque plus de 35% du revenu de ses habitants (Giscard d’Estaing en 1980). Bref quand le FMI n’aura plus un rond, quand il aura liquidé le restant de son or, quand les Etats ne pourront plus augmenter les impôts et les taxes sur un travail marchand qui aura disparu, que restera-t-il à nos grosses têtes bien pensantes ? L’hyper inflation chère madame, oui l’hyper inflation. Mais ne vous inquiétez pas, Michel-Edouard sera toujours moins cher. L’hyper inflation c’est un peu, comme qui dirait, tu pars le matin avec ta paye du mois (on considère que t’as encore un boulot) et tu reviens à midi avec un paquet de clopes et un plein d’essence (on considère que t’as encore une bagnole) en ayant tout dépensé. Pour la bouffe on te donnera des tickets de rationnements. Demande à tes grands parents ou arrières, ils ont connu ça eux. Parait que ça calme.
Du côté des guerres, pour changer un peu tout en restant dans la même année, alors là ça baigne. L’armement est même le seul secteur qui a augmenté en volumes, en chiffre d’affaires et en bénéfices cette année. Obama va quitter l’Irak en Juin pour se concentrer sur l’Afghanistan. Va y avoir des affaires à faire en Irak, car dès que les américains auront décollé va y en avoir des règlements de comptes et des tueries. Achetez des actions de fabricants de balles et de fusil (merde on a liquidé la Manu de St Etienne, putain même ça on l’a plus dis-donc). Du côté de l’Iran c’est pas mal non plus, ça peut aussi rapporter gros. Surtout que les israéliens ont le doigt sur la gâchette nucléaire. Faut pas trop les chatouiller ceux là, ils n’aiment pas. La Corée du Nord continue ses essais nucléaires, la Chine regarde amoureusement Taiwan, l’Afrique continue bon an mal an comme l’Asie du sud. Bref la routine quoi, on tue tranquillement, de préférence là où il y a du pétrole (bonjour amis Nigériens), mais on a pas de parti pris, on vend des armes et vous pouvez même tuer nos enfants avec, ce n’est pas grave c’est le commerce.
Côté pandémie, là on a été servis, n’est-ce pas Roselyne ? Waouh, là t’as fait fort hein ? 94 millions de doses chez tes potes de Sanofi et Glaxo, inutiles inefficaces et mêmes dangereuses. Pas trop de succès hein ? Faut dire que les Français ne seraient peut-être pas aussi cons que ça. Pas grave tu vas les refourguer en Afrique comme dab, avec un chargement de déchets de chez madame Areva. A ta décharge faut dire que si t’avais rien fait on t’aurait accusée de vouloir laisser mourir le bon peuple, tout ça pour une question de gros sous et on t’aurait resservi le « ouais, y’a du pognon pour les banques et rien pour les RMI le SMIC et nous autres le peuple d’en bas ! » Pas facile d’être ministre de la santé quand il ya des malades, hein ? Remarque, tes collègues ce n’est pas mieux. Regarde Madame la Marquise, ministre des finances ou de la sémantique je sais plus. Pas facile non plus de gamberger pour mettre les chiffres dans le sens qui l’arrange. Tu vois le genre, inflation négative, décroissance positive, ralentissement de la chute, baisse moins forte qu’attendu, et j’en passe. Pas marrant, heureusement que la paye est bonne.
Remarques, moi Roselyne je t’aime je te trouve marrante dans ton petit tailleur rose. Pas comme ce vieux pédéraste de Frédéric M. (comme son oncle, même nom mais pas le même talent loin s’en faut) qui prend la défense d’un violeur de mineure. Faut pas pousser quand même. Et ce socialo traître de Besson, lui il faut le renvoyer au chenil d’urgence. Y’en a un aussi que j’aime bien, c’est le François F. Lui, ça va faire deux ans et demi qu’il est ministre d’un pays en faillite, touchant toujours un salaire confortable et des frais somptuaires pour ne rien faire et sans états d’âme, deux ans et demie qu’il suit son maître pas à pas et mot à mot sans rien dire. Si ça ce n’est pas de la fidélité…Je l’aime bien François.
2009. Une grande année aussi pour la justice. Que ceux qui pensent que la justice se doit d’être juste qu’ils se bouchent le nez se ferment les yeux et les oreilles. On supprime le juge d’instruction (à charge), les prisons sont toujours aussi indignes d’un Etat démocratique, on ose poursuivre notre Chi Chi national, et son fidèle Charles P. On blanchit les initiés, on distribue les non lieux à tous les potes, bref tout va bien. A Bruxelles, à Luxembourg et à Strasbourg, il y a des boutiques Chanel et des bijouteries Chopart, pas de souci.
2010 arrive. On pourrait dire tant mieux, on pourrait penser que cela ne peut pas être pire que ce que nous venons de vivre, on pourrait se dire que les leçons sont tirées, qu’enfin on va se serrer les coudes, repartir du bon pied. On pourrait…
Questions existentielles
26 août 09
Le péché fondamental de la science est de vouloir absolument nier l’existence de Dieu, à coup de formules mathématiques alambiquées, de constantes universelles « bienvenues pour combler les trous de la formule », de lois physiques intangibles où tangibles selon le besoin qu’on en a.
La science réfute Dieu en disant que c’est en sorte la solution de facilité. Quand l’homme ne comprend pas il s’invente une puissance supérieure bien commode, dit-elle.
Bref, devant l’immensité de la tâche qui est de vouloir expliquer l’univers, le pourquoi et le comment de son existence même, un seul constat s’impose : nous ne savons encore rien.
Et si nous nous étions trompés de route, d’instruments ? La théorie des cordes, des branes, la dernière en date celle qui aurait 11 dimensions, voudrait expliquer le Big Bang par le choc de deux membranes. Premier constat, cette théorie accepte implicitement de dire qu’il y avait quelque chose AVANT le big-bang, les membranes elles-mêmes. Soit, mais si un univers est crée à chaque rencontre de deux branes, qu’en est-il de l’autre brane ? Crée-t-elle un autre univers parallèle à chaque rencontre elle aussi ? Le même univers en « inversé » ? Un univers parallèle ou un univers miroir ? Et combien peut-il y avoir d’univers ainsi crées ? Et puis de toute façon on en revient toujours au même point : qu’y avait-il AVANT la première brane ? Qui l’a crée ?
La beauté, l’organisation fantastiquement équilibrée de la Nature expliquées par une théorie, une de plus, sont elles issues de cette symphonie vibratoire cosmique des cordes infinitésimales ? Et qui dirige l’orchestre ? Un orchestre qui jouerait sans aucune fausse note depuis la nuit des temps.
Les trous noirs réunissent les deux théories, celle de la relativité générale et la théorie quantique, les forces G, S, EM et W. Qu’en est-il des cordes dans un trou noir ? Sont-elles annihilées ? Sont-elles indestructibles et par là même immortelles ? Que devient la symphonie ?
Lorsque je regarde ma main, je vois des doigts bien sûr. Mais au-delà il y a des cellules et puis encore plus loin des atomes. Or ces atomes obéissent aux lois quantiques, alors que moi qui suit un énorme paquet d’atomes je subis les lois physiques classiques. En plus ces atomes qui constituent ma main, mon corps, le vôtre et tout ce qui nous entoure du plus petit brin d’herbe au soleil lui-même, ne savent même pas où ils se trouvent à l’instant T, d’après le principe d’incertitude. Nos électrons se baladent à des vitesses insensées plus vite que la lumière parfois, et nous on est là sans bouger. Bizarre non ? Logiquement d’après les théories scientifiques on devrait se trouver à plusieurs endroits à la fois, du-moins nos atomes le devraient, et je ne vois pas comment ils pourraient le faire sans nous. Donc je serais plusieurs, et vous aussi. Plusieurs en même temps. Oui, mais combien ? Et qui est réel dans tout ça, moi ou lui ou l’autre là-bas ? On parle aussi de phase quantique. Alors il y aurait non pas un, deux, trois, onze univers, mais des milliards d’univers qui vivraient tous en même temps mais sur une phase quantique, une vibration atomique, différente. Donc en ce moment un autre moi écrit aussi, baise sa femme, conduit son hélicoptère, mange des sushis, que sais-je encore ? Et tout ça à quelques millimètres de moi, mais à quelques secondes d’écart ou de millisecondes, qu’est-ce que ça peut bien faire ? De toute façon on ne se verra jamais, on n’est pas en phase.
Et le Temps dans tout ça ? Il passe, oui ça on ne peut le nier. Mais est-ce qu’il reviendra sur ses pas quand l’univers, enfin le nôtre, se repliera pour retomber dans son trou noir et renaître plus tard ? Le temps pour nous est-il le même « ailleurs » ? Les secondes sont-elles partout les mêmes ? Ca doit dépendre de la phase aussi, ça.
La théorie sur l’espace temps qui lie les trois dimensions de l’espace et la dimension du temps nous explique qu’au moment du big-bang, l’espace et le temps sont nés en même temps (sic !). Donc ils doivent mourir en même temps, à moins que le temps continue son bonhomme de chemin, tranquille. Mais pour aller où ? Pour qui ?
Toutes ces questions me turlupinaient déjà pas mal, mais voilà maintenant qu’on vient nous parler de matière noire, de matière exotique, d’antimatière. Bref, encore un cauchemar pour mes neurones. Au fait, sont-ils composés d’atomes eux aussi. Parce que là ça va être coton de trouver un terrain d’entente entre les atomes de mes neurones, ceux de l’antimatière, et ceux de l’hélicoptère de mon autre moi qui se balade je ne sais où.
Tiens, l’autre jour j’ai vu naître un gosse. C’est merveilleux un petit bout qui vient au monde, comme ça en gueulant. Et puis je me suis dit en le regardant : »Mais comment on fait pour avoir toujours le nez au milieu de la figure, deux yeux, deux pieds, deux oreilles, le tout toujours placé au bon endroit, comme si il y avait un plan scrupuleusement suivi par la nature ? » Allons-donc ça recommence, voilà que les atomes du bout de chou comme les miens suivent un plan maintenant. Mais qui est l’Architecte, nom de Dieu ?
Août 2009
Note interne
Les Maîtres du Monde
Comme vous avez pu le constater, notre plan de fin 2008 a parfaitement fonctionné.
Constat
Les Etats que nous dirigeons en sous main ont suivi comme un seul homme, nous donnant plus de milliards que nous en espérions. Ils ont, bien sûr, crû à nos promesses de nous réglementer. Nous avons ainsi réussi à leur rembourser l'argent qu'ils nous avaient prêté, le même que celui que nous leur avions prêté via les marchés financiers à un taux supérieur précédemment. Un merci particulier à nos amis de Goldman Sachs qui ont su gérer cette affaire parfaitement. Quant à nos amis de General Motors, un satisfecit particulier, puisque tous leurs petits actionnaires sont désormés écartés de nos futurs profits.
Comme prévu la psychologie a parfaitement fonctionné. Les marchés se sont en effet effondrés, le chômage a crû formidablement pour nos marges, et nous avons transféré nos pertes sur la dette des Etats, c'est à dire de leurs peuples. Comme disait le philosophe Allain, il vaut mieux prendre aux pauvres qu'aux riches car ils sont beaucoup plus nombreux.
En mars 2009, les médias ont émis, à notre demande, des notes catastrophiques sur l'économie mondiale, la dette des Etats, le chômage. L'atmosphère ainsi créee rappellait la grande crise de 1929 et tout le monde croyait à la catastrophe finale. Je vous le dis, chers amis Maîtres du monde, cette crise arrivera, nous allons l'organiser. Mais de telle façon que nous allons nous enrichir encore bien plus.
En Mars, donc, nous avons mis enplace des logiciels de flash trading qui ont fait monter les marchés financiers contre toute attente. Nos analystes ont largement répandu le message que le moins pire était le meilleur. Nous avons gagné ainsi des milliards en investissant l'argent des peuples apauvris par leurs dirigeants. Après avoir fictivement rendu l'argent emprunté, nous nous sommes même payé le luxe de nous répartir de nouveaux bonus et stocks options encore meilleurs qu'avant. Mais notre coup de génie sera, merci encore Messieurs de Goldman Sachs, de faire croire que les centaines de milliards d'augmentation de capital et d'émissions d'obligations étaient destinées à rendre nos entreprises compétitives alors que 80% de ces sommes ont été utilisées pour les plans de licenciements.
Les marchés ayant bien monté jusqu'à ce jour, nos médias et nos analystes répandent largement l'idée que la crise est enfin finie. Nous avons gagné 50 %, ce n'est pas mal. Fin Septembre les comptes américains seront clos pour 2009, et surtout nos logiciels de flash trading seront interdits. La FED va arrêter d'acheter les Bonds fin Octobre. Il est temps mes amis de changer notre stratégie.
Action
A partir du premier Octobre, les chiffres de l'économie réelle seront publiés. Ils seront catastrophiques, mais cette fois ci nous dirons qu'ils sont vraiment catastrophiques:augmentation du chômage, des dettes, baisse de la consommation. Les résultats seront donc bien sûr inférieurs aux prévisions des analystes, et les marchés s'effondreront comme prévu. Nous accélérerons la chute en prenant des positions short massives. En novembre et décembre les indices devraient ainsi avoir reperdu 50%.
Nos usines d'armement tournent à plein en ce moment. Jamais les Etats n'ont autant augmenté leurs dépenses d'armement. Nous contrôlons les prix du pétrole et la production mondiale, donc pas de souci de ce côté là.
Dans peu de temps mes amis, nous pourrons mettre en place le gouvernement mondial auquel nous travaillons depuis près de deux siècles.
Post Scriptum: certains de nos membres s'inquiètent des réactions des politiques, notamment les G20 de Londres et de Pittsburgh. Je tiens, ici, à les rassurer, nos investissements et nos profits ne sont nullement menacés. Nous avons pris toutes les précautions nécessaires, notre lobbying fonctionne à merveille et les mesures qui pourraient être annoncées à Pittsburgh resteront de la communication pour les peuples, comme à
Londres, sans aucune influence sur nos activités.
LOGIQUE et TECHNOCRATIE
FRANCAISE
Juin 2009
Et si l’on faisait preuve (enfin !) d’un peu de bon sens ?
On veut quoi ?
Une société libérale, indépendante et démocratique, ou étatique, voire dictatoriale ?
Un Etat qui s’occupe de tout, qui dirige tout, qui est au capital d’entreprises, qui nomme ses juges, qui oriente les choix des individus via des médias inféodés et les contrôle en permanence, un Etat qui promulgue des lois de plus en plus liberticides et tous les jours ? C’est ça que l’on a aujourd’hui. Veut-on continuer ?
Faisons un petit inventaire :
-La Santé
Vaste et important sujet. Est-il raisonnable d’entretenir un système qui mutualise les recettes et privatise les dépenses ? La Sécurité sociale entretient et accroit chaque année le revenu des professions médicales. Lesquelles professions étant des entreprises comme les autres sont assujetties au sacro-saint bénéfice en croissance permanente. Comme on ne peut pas étatiser la Santé, ni la privatiser totalement sous peine d’émeutes populaires, proposons quelques mesures de bon sens.
1- Les médecins et toutes les professions médicales demandant de longues études souvent financées en grande partie par la collectivité devraient recevoir au départ une affectation bien précise et obligatoire au moins les 5 premières années d’exercice dans les régions où les besoins sont identifiés. Cela suppose une gestion et une meilleure répartition du corps médical. Celui-ci se concentre actuellement sur Paris, Paca et quelques grandes agglomérations. On voit que les critères de choix tiennent souvent plus du climat ou de raisons personnelles que du besoin de soins des patients.
2- Les industries pharmaceutiques auraient dû être dès le départ contrôlées par l’Etat, car s’il est bien un domaine ou un Etat doit intervenir c’est bien la protection médicale et l’accès aux médicaments de ses concitoyens. La Santé est un droit imprescriptible. Un peu de bon sens voudrait que les AMM soient mieux encadrées et que les lobbyings en cette matière soient purement et simplement interdits. Quant aux médicaments, faire une revue générale de ceux qui sont réellement utiles et les vendre en grande distribution, permettrait à la fois de limiter les dépenses de la sécu et de baisser leur prix pour le consommateur. Ne resteraient dans les pharmacies que les médicaments qui demandent vraiment un suivi médical. Et au passage revenir dans les pharmacies à la vente de médicament, quitte à abandonner le rayon chaussures ou aliments pour canaris, sans parler des cosmétiques, de la beauté etc., histoire d’avoir en stock le médicament que le médecin vient de prescrire en urgence et ne pas être obligé de l’attendre 24 heures comme c’est souvent le cas, parce que les réserves sont pleines de chaussures…
3- La recherche médicale se fait de plus en plus dans les biotechs privées. Nous sommes le seul pays à ne rien faire, ou presque, dans ce domaine. La France est le parent pauvre si l’on compare le nombre de nos biotechs privées face aux allemandes, anglaises, asiatiques et surtout américaines. Mais qu’attend-on pour créer enfin un vrai pôle de biotechs privées, digne de ce nom ? Avec de vrais capitaux pour les aider quand la recherche est bonne ? On a eu le plan cancer, le plan Alzheimer, et d’autres que j’oublie, mais les fonds n’ont pas été à la hauteur des promesses et comme toujours se sont perdus dans les méandres administratifs.
-Le rôle de la fonction publique
Est-ce qu’un jour on se décidera à définir ce qu’est la fonction publique et à quoi elle sert, comment, où, pourquoi et combien cela coûte ?
3 fonctions publiques, celle d’Etat (armée, justice, police, enseignement…) celle dite hospitalière, et celle dite territoriale la plus pléthorique, la plus dispendieuse et comme par hasard la plus inefficace.
1- Et si l’on pensait à un Etat Fédéral ? Comme en Allemagne par exemple ? Quelques grandes régions plus ou moins autogérées, avec leur propre gouvernement élu. Une dizaine tout au plus, découpées de manière à assurer un égal poids économique, démographique à chacune. Evidemment, dans ce cas, finis les départements, les 36000 communes, les préfets, les conseils généraux, toutes ces petites baronnies qui multiplient les échelons administratifs et augmentent les coûts tout en diminuant leur efficacité et leur vitesse de réaction.
2- Et si l’on supprimait la main mise de l’ENA sur le pouvoir politique et les hauts fonctionnaires ?
3- Et si l’on supprimait le Sénat, chambre dispendieuse et inutile s’il en est.
4- Et si l’on faisait un parlement constitué de 5 à dix représentants par région, dont chacun aurait un rôle bien précis : économique, industriel, santé, innovation, infrastructures, éducation par exemple. Représentants qui seraient élus à la proportionnelle bien sûr.
5- L’Etat Fédéral aurait un président, ne s’occuperait plus que du régalien, armée et police uniquement, s’interdirait d’intervenir dans les entreprises à tous niveaux et assurerait la cohésion du pays. Evidemment, finis les petits arrangements consanguins entre la politique et le CAC40. Bien sûr cet Etat Fédéral serait réduit au minimum et serait alimenté par les régions via un impôt proportionnel. Il ne prélèverait plus l’impôt lui-même.
6- Et si l’on élisait les juges, en imposant un âge minimum ? Et en leur garantissant l’indépendance totale, pendant tout leur mandat par exemple ?
7- Et si l’on décidait enfin de mettre fin réellement au cumul des mandats, et des traitements une bonne fois pour toutes ? On verrait peut être ainsi la fin des carriéristes et l’avènement de gens vraiment motivés par leur idéal.
8- Et puis bien sûr il faudra revoir le sacro-saint statut de la fonction publique française. Une garantie de l’emploi sans objectifs clairs est impensable et n’existe d’ailleurs nulle part.
-Les médias
Est-ce malsain de demander à avoir des médias vraiment indépendants (du politique ou/et des marchands d’armes) ? Est-ce impensable de vouloir voir renaître un véritable journalisme d’investigation ? S’il faut que la presse écrite se fonde dans la blogosphère, eh bien soit ! Les citoyens sont partie prenante de l’information et de sa divulgation, l’histoire est en marche et ne peut pas être arrêtée quoi qu’en pensent et quoi que fassent nos gouvernements pour la museler.
- La Formation professionnelle
Pourquoi ne pas envisager un pôle formation dans chaque région nouvellement crée ? Un pôle qui serait complémentaire et non concurrent des universités, en liaison directe avec les entreprises et leurs besoins, et financé par elles ? Evidemment cela suppose une remise à plat générale et la disparition de toutes ces multiples officines qui vivent du chômage et de sa pérennisation, en touchant des subventions à fonds perdus sans contrôle ni obligation de résultats.
- Le chômage
Remettre les compétences au centre du CV. Oublier l’âge, la race, la situation familiale ou sociale. Uniquement la compétence par rapport au poste offert. Est-ce trop demander ? Evidemment cela suppose la disparition des toutes ces sociétés bidons de recrutement qui ne sont que des filtres à diplômes et à ségrégation.
- Les partis politiques
Ceux là seront les plus difficiles à réformer, tant ils sont directement responsables de la situation actuelle, et surtout directement intéressés à ce qu’elle perdure. Ceux là pensent d’abord, au travers de programmes qu’ils savent n’appliquer jamais, à placer leurs hommes, toujours les mêmes, dans tous les rouages du pouvoir et à des fins purement « baroniques ».
Commençons déjà par rétablir la proportionnelle dans toutes les élections, établissons le référendum d’initiative populaire et surtout supprimons l’article 49-3.
- L’immigration
Ne nous voilons pas la face, les vagues d’immigrations massives ont été provoquées par les différents pouvoirs en place pour accompagner les patrons dans leur désir de disposer d’une main d’œuvre bon marché et corvéable à merci. Dans un premier temps, il n’est pas question d’exclure ceux qui sont déjà là ou nés en France, supprimons la double nationalité et exigeons un seul choix définitif, avec les conséquences qu’il implique. La France on l’aime ou on la quitte. Rétablissons la préférence nationale pour les emplois et les aides sociales, comme cela existe partout ailleurs. Quant aux statistiques ethniques elles me semblent de simple bon sens, et d’ailleurs elles existent partout ailleurs sans que cela pose problème. Rénovons les quartiers, ré ouvrons les services publics, les magasins disparus, en donnant aux habitants de ces quartiers la responsabilité de se gérer eux-mêmes. Encore une fois si l’on a fait le choix de la nationalité française on ne peut plus être considéré comme immigré.
- L’Europe
Dans l’état actuel cette institution ne marche pas et ne peut pas marcher, sauf à faire une Europe Fédérale, supprimer la commission composée de gens non élus et la remplacer par un conseil composé des Présidents élus de chaque pays. Avec un parlement limité à une dizaine de représentants tout au plus par pays, élus au niveau européen en une seule élection à travers tous les Etats membres. Ces élus représenteraient non pas des populations mais des pôles économiques, juridiques, sociaux et fonctionneraient en commissions consultatives sur de grands sujets européens (travaux, emploi, santé, transports…) Bien sûr cela suppose la fin des déménagements permanents entre Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg. Une seule ville désignée par référendum suffirait amplement. Les économies réalisées seraient gigantesques.
Cette étude sur les avantages des fonctionnaires européens tombe à point :
http://www.sauvegarde-retraites.org/docs/Etude_27_Hauts_Fonctionnaires_Europ%E9ens.pdf
Voici donc quelques « petites réformes » qui nous remettraient instantanément dans le peloton de tête des pays démocratiques. Et j’attends de mes détracteurs qu’ils me disent pourquoi, en dehors des querelles de chapelles, en dehors de la préservation de leurs avantages acquis et au nom de quel intérêt général ces idées ne sont pas applicables.
Et si l’on pensait un peu à nos enfants ?
LA CRISE EXPLIQUEE SIMPLEMENT
Novembre 2008
Les Maîtres du monde
Attention, ceci est une note interne :
1- Le constat
La consommation est arrivée à son paroxysme. Le marketing ne peut plus abrutir les masses et leur faire acheter n’importe quoi à n’importe quel prix. Tout le monde a une, deux ou trois bagnoles, des téléphones et des ordinateurs en pagaille.
La masse salariale est trop importante. On avait jusque là réussi à faire croire au monde ébahi que les chinois allaient voir leur niveau de vie s’accroître et rejoindre celui des occidentaux. Le problème c’est que les chinois eux-mêmes y ont cru et demandent maintenant de plus en plus de fric pour travailler. On a déjà commencé à délocaliser un peu partout, Malaisie, Bengladesh, Vietnam. Reste l’Afrique, mais il faudrait commencer par construire des infrastructures, eau, routes, électricité, aéroports et ça coûte cher.
La population mondiale est trop importante. A ce rythme ils seront bientôt 7, puis 8, puis 9 milliards ! Ca fait beaucoup de monde à nourrir, à soigner etc.
2- La solution
Déstocker les entreprises, baisser les salaires. Notre boulot est de faire du fric et du pouvoir, pas de la philanthropie.
a- On provoque l’arrêt de production ou une diminution drastique. Pas de meilleurs moyens pour ça que de couper les crédits bancaires. On bloque l’accès au crédit des consommateurs et on en rajoute une couche en bloquant les entreprises aussi.
b- Il faut créer la peur. Ca tombe bien puisqu’on possède tous les médias, presse, télévision, radios. En plus on a les banques, le fric, et les analystes financiers bossent pour nous.
3- Les conséquences
Les licenciements massifs vont naturellement provoquer une baisse du pouvoir d’achat mondial. Du même coup nos multinationales vont réduire leurs coûts et améliorer leurs marges. Quand les stocks seront vides, on recommencera à produire à moindre coût, en réembauchant moins cher bien sûr puisqu’il y aura des millions de types au chômage.
Et si jamais certains s’excitaient au point de déclencher une ou des guerres, ce n’est pas grave pour nous puisque nous avons aussi les usines d’armement de la planète.
Quelque soit le dénouement nous serons les vainqueurs de cette crise.
Application. Très simple en fait, on massacre les valeurs boursières, on active les médias, et on attend. La psychologie fera le reste.
Moi j'aime l'Amérique 1
Aout 2009
Je vis aux USA et je voudrais intervenir sur AgoraVox pour donner mon sentiment sur la crise et la perception que j’en ai depuis son épicentre, si j’ose dire. Et aussi, je ne m’en cache pas pour répondre à tous ceux qui voient la fin du monde, avec un peu trop d’empressement à mon goût.
1-Revue de l’état actuel de l’activité aux USA
Marché immobilier :
Ici en Arizona (je sais ce n’est pas l’Amérique en entier), les chantiers sont très nombreux, ça construit partout, maisons, immeubles résidentiels, centres commerciaux. On fait des routes nouvelles et les anciennes sont rénovées.Ce n’est pas l’euphorie d’il y a deux ans c’est vrai. Les prix ont beaucoup baissé dans l’immobilier et les bonnes affaires sont nombreuses (surtout si l’on paye en euros). Mais ce n’est pas non plus la catastrophe. Les Américains sont pragmatiques, patriotes et travailleurs : ce qui veut dire qu’ils se mobilisent vraiment pour faire repartir la machine. Il suffit de discuter avec eux pour voir qu’ils prennent les choses avec intelligence, qu’ils ne se contentent pas de critiquer systématiquement mais qu’ils pensent surtout à comment s’en sortir. Ici on n’attend pas du gouvernement ou des autres qu’ils fassent le boulot, chacun se sent responsable de sa vie et c’est ça qui fait la grande force de ce peuple.
Marché automobile :
Le prix des voitures est très abordable par rapport aux prix français, même en dollars. Les nouvelles voitures hybrides sont déjà sur les routes, tous les constructeurs en font. On ne voit que des voitures américaines, japonaises ou allemandes ; pas une seule française. Et contrairement à ce que j’entends les américains achètent des trucks en pagaille : les meilleures ventes en 2008 et depuis le début de l’année sont le F150 de Ford et le Silverado de Chevrolet (GM). J’ajoute que les consommations ne sont pas aussi importantes qu’on le dit en France : la moyenne est à 24 MPG, voire parfois 30 MPG. Cela veut dire qu’on parcoure 30 miles (de 1.602km) avec un gallon de super (3.78 litres) au prix moyen de $ 1.70 (soit 45 cts de dollar de litre). Bien sûr il n’y a aucun péage en Arizona, les freeways et les highways sont larges, droites et bien entretenues. Les américains conduisent civiquement et ne sont pas agressifs au volant.
Consommation :
Un des gros avantages ici est que la plupart des magasins sont ouverts 24/7 c'est-à-dire en permanence jour et nuit et toute la semaine, dimanche inclus. Donc pas d’heure particulière pour consommer, ce qui ajoute à la fluidité et crée des emplois. Il y a peut être moins de « Now Hiring (on embauche) » que l’année dernière mais il y en a encore beaucoup. Les prix tant dans l’alimentaire que les vêtements, la pharmacie (libre pour la plupart des médicaments que l’on trouve partout), les produits d’entretien ou de première nécessité sont en moyenne deux à trois fois inférieurs, en dollars, aux prix français. Et pour couper court les cigarettes ($4.89 le paquet de Marlboro dans les ‘convenience stores’, sortes de magasins en détaxe très nombreux) et l’alcool ($30 le 1.75 litre de Johnny Walker partout) sont également inférieurs aux prix français.D’une manière générale la vie est beaucoup plus simple ici. Je peux comparer car j’ai vécu en France plus de cinquante ans et que j’ai fini par m’exiler, lassé que j’étais de l’administration sclérosée, des impôts confiscatoires, des lois de plus en plus liberticides. Ici, je respire….
2- Quid du Dollar ?
Abordons un autre sujet qui fâche : le fameux dollar qui ne vaudrait rien, qui serait le responsable de tous les maux de la terre.
J’entends dire partout qu’il faudrait le remplacer par une monnaie unique, sorte de DTS du FMI, panier de monnaies mondiales. Qu’y a-t-il donc de commun entre un rouble, un yuan d’une part et un euro, une livre ou un franc suisse d’autre part ? Réponse : Rien, absolument rien, nothing, nada. Aucun de ces pays n’a la même langue, la même culture, la même fiscalité, le même poids économique etc. Que serait l’Europe sans l’Allemagne ? Rien, nada, nothing. Et à qui l’Allemagne doit-elle sa puissance ? A l’Amérique, mais vous aviez deviné bien sûr. Et la Chine ? Vous y croyez vous ? Vous croyez à une puissance archi communiste fondée sur la terreur (20.000 exécutions politiques par an) qui soutient la Corée du nord, qui trafique ses chiffres d’exportation, qui manipule sa monnaie et qui exploite à l’extrême son capital humain ?Le dollar est la seule monnaie qui soit appuyée sur un système économique cohérent et unifié, celui des Etats-Unis. De plus l’Amérique est la seule puissance qui garantisse la Liberté à son peuple et qui peut le faire, elle, et ça ça n’a pas de prix. Au fait combien y-a-t-il de Français en Amérique ? Beaucoup, beaucoup plus que d’Américains en France non ?
Alors, même si l’on peut critiquer le dollar, je ne vois pas de possibilité de le remplacer. J’ajouterais aussi que vous les européens n’avez pas intérêt du tout à voir un dollar trop faible par rapport à l’euro parce qu’à terme votre système monétaire s’effondrerait : sortie de l’Allemagne de la zone euro par exemple.
3- Sortie de crise ou pas ?
Toutes les crises financières ont été traversées, ça c’est le point positif. Donc je suis convaincu que l’on en sortira et je dirais même que l’Amérique commence déjà à entrevoir le bout du tunnel. Nous sommes en guerre économique ne l’oublions pas. D’un côté l’Europe et la Russie, de l’autre les USA et la Chine qui est « tenue par les couilles » par les américains. Les USA ont les cerveaux, le fric et les consommateurs, sans parler de la puissance militaire. Et ce sont eux qui mènent le monde quoi qu’on en dise. En France surtout vous avez coutume de critiquer systématiquement les américains (vieille jalousie séculaire de deux peuples qui se sont adorés, détestés, adorés etc.), et vous êtes prompts à imputer aux USA vos crises financières alors que vous n’avez pas encore commencé à faire la plus petite réforme structurelle. Vous savez pourquoi la France « résiste mieux que d’autres à la crise, comme disent vos politiques » ? Tout simplement parce que l’emploi privé en France s’est réduit comme peau de chagrin au fil des trente dernières années au profit d’un emploi public monstrueux (1 français sur 4, voire plus est directement ou indirectement payé sur nos impôts). Et par une dette colossale bien supérieure per capita à celles des USA.L’Amérique comme d’habitude sortira de cette crise en 2010, 2011, 2012…je n’en sais rien mais ce que je sais c’est que l’Europe s’y enfonce chaque jour d’avantage et ce n’est pas la faute des américains si les banquiers européens se sont précipités sur tous les coups foireux de la planète. Ce n’est pas non plus la faute des américains si vos médias sont inféodés au pouvoir politique, de même que votre justice, et que l’on vous raconte des conneries à longueur de journée. Ici les médias sont vraiment libres et les journalistes peuvent dire ce qu’ils veulent. Il y a des émissions à la télé qui critiquent Obama ouvertement, d’autres qui le soutiennent ; à aucun moment on ne verrait des interview de complaisance faites ‘entre amis’ comme en voit en France. Et pour finir, j’ajouterai que nous n’avons pas non plus d’ENA, qu’ici il y a plus de chance qu’ailleurs de faire carrière si l’on est compétent. Les grandes entreprises françaises dirigées presque systématiquement par des énarques, inspecteurs des finances tous nommés par le prince ne sont pas vraiment un exemple de démocratie vous en conviendrez.
Et pour finir vraiment, nous avons de la marge en termes de fiscalité (impôts et taxes) alors que la France n’a plus aucune marge de manœuvre.
Merci de m’avoir lu.
http://www.radiobfm.com/edito/info/30915/leconomie-us-devrait-recommencer-a-croitre-au-3e-trimestre/
http://www.boursier.com/dispatch/economie-taux-de-chomage-a-7-6-en-mars-dans-l-ocde-news-332235.htm
http://www.cnbc.com/id/30628873/site/14081545 EN ANGLAIS sur le marché immobilier via l’un des plus gros promoteurs (Californie, Arizona, Nevada, les zones les plus touchées.) Le cours de l’action SPF a été multiplié par 4 en deux mois.
http://www.cnbc.com/id/30677294 En Anglais, du Lundi 11 Mai. Monsieur SORROS himself qui dit exactement ce que j’écrivais plus haut le 29 Avril. (à propos du dollar)
http://www.cnbc.com/id/30675065 Sur la Chine, en anglais aussi mais intéressant.
Moi, j’aime l’Amérique (2)
Août 2009
Ayant lu les commentaires suscités par un premier article, volontairement succinct, et expliquant quelques faits avérés sur la qualité de vie en Amérique du nord, je reviens par cet article affirmer ma position. Oui j’aime l’Amérique, les Etats-Unis d’Amérique, et je persiste !
J’ai lu des commentaires haineux, souvent injurieux, la plupart émanant de gens mal informés, souvent endoctrinés dans leur idéologie, parfois moqueurs. Ces gens ne connaissent pour la plupart pas l’Amérique, n’y sont jamais venus et n’y viendraient pas, tout englués dans leur dogmatisme religieux, idéologique, politique, tout désinformés et manipulés qu’ils sont.
D’autres se sont étonnés qu’Agoravox me laisse m’exprimer, avouant par là même qu’ils étaient contre la liberté d’expression, eux-mêmes qui critiquent tout. Je remercie donc Agoravox de me laisser écrire, et penser. En espérant que les obscurantistes de tout poil, gauchistes flon flon et merguez, islamophiles burkinisés, partisans du retour au moyen âge et à ses bûchers, me liront et feront leur crise d’apoplexie finale.
Oui, et n’en déplaise à ces arriérés mentaux, oui l’Amérique est un pays libre ! Ici on peut vivre sa vie sans emmerder l’autre, et vive et versa. La presse est diverse et vraiment libre, on peut critiquer le président, le gouvernement, et même faire changer les lois. Les Tea Parties ont été crées par les pères fondateurs (Patrick Henri contre les taxes de la couronne britannique sur le thé appliquées à la Virginie). Ce sont de grand rassemblements pour critiquer, amender, refuser un projet de loi, une taxe. Souvent le gouvernement de l’Etat et le gouvernement fédéral en tiennent compte. La Démocratie existe encore aux USA. Les citoyens s’expriment librement dans les journaux, à la radio. Ici on ne connaît pas la langue de bois. Vous êtes-vous déjà fait la remarque : tiens au fait facebook, msn, skype, twitter et tous les blogs, les sites de socialisation, d’expression libre sont américains. Ben oui ! Vous voulez une meilleure preuve de liberté d’expression ? N’allez pas en France, ou en Chine la chercher, elle n’y est pas et n’y sera jamais.
Certains m’ont dit que j’étais retraité et riche, donc que c’était plus simple pour moi. Parce qu’en France les pauvres vivent mieux qu’ici ? Les SDF des bords de Seine et tous les autres qui crèvent de froid en hiver apprécieront le propos. Ici les SDF, il y en a comme partout mais beaucoup moins qu’en France, sont relogés pour la plupart, ont droit à des tickets de nourriture, les associations sont très nombreuses et ont l’argent nécessaire. Quant à moi je ne suis ni retraité ni riche ; comme je l’ai dit je vis ici pour la qualité de vie, la nature splendide, le climat, les gens ouverts et accueillants.
Contrairement, encore, à ce que j’entends dire ou ce que je lis dans les commentaires, la sécurité sociale existe ici (inventée par le Social Security Act en 1850 !). Chacun cotise la formule de son choix, soit directement soit par le biais de son entreprise. Au final les cotisations sont nettement moins élevées qu’en France, car il faut tenir compte de ce que verse l’employeur (près de 50% de votre salaire, ce qui n’est pas rien, ajoutés aux plus de 20% que l’employé paye lui-même, en France). Si l’on compare honnêtement les chiffres, la sécurité sociale française coûte nettement plus cher, rembourse nettement moins et comme elle est chroniquement mal gérée elle est en faillite permanente. C’est d’ailleurs une des principales raisons du refus (59/41 hier) des américains de voir Obama créer son new heathcare : ils ne veulent pas voir un système à la française qui s’enfonce dans le rouge, coûte un maximum à tous pour finalement ne plus rien couvrir.
Le salaire annuel moyen, revenu net par habitant aux USA est de $ 45000, contre $31500 en France. Le taux de TVA ici en Arizona est de 8.2 %, les impôts fonciers sont de $2000 par an pour une maison de 220 m², climatisée, avec piscine. Et pas d’impôts locaux en sus. Comparez avec la France…
Les salaires ici sont perçus à la semaine et nets d’impôts et de toute autre charge. Les prix, je persiste, sont très nettement inférieurs à ceux pratiqués en France, que ce soit pour l’alimentaire, les vêtements, l’essence, tous les postes de la vie courante. Donc mathématiquement le niveau de vie des américains est bien meilleur que celui des français, qui sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à venir vivre ici. J’ai été surpris en arrivant de voir qu’il y avait à Phoenix nombre d’associations françaises. Toutes actives et vivaces. Je n’ai pas rencontré un seul français qui voulait rentrer au pays, sauf pour y faire du tourisme dans les palaces parisiens et sur la côte d’Azur. La France est devenue une réserve touristique, on a abandonné l’idée de pouvoir créer des entreprises et d’y faire des affaires. Mais vu vos prix, cette année vous ne verrez guère de touristes. Quant aux magasins ouverts le dimanche, certains m’ont interpellé en disant que cela était inutile. Mon avis est que cela est très pratique, en tout cas.
Mais surtout c’est dans le domaine des services publics que la différence est énorme. Jugez en, nous sommes en plein désert, eh bien il y a des espaces verts partout, des golfs superbes, des marinas avec des bateaux de luxe, des lacs artificiels et une faune, notamment d’oiseaux, extraordinaire. Aucune pollution, tout est propre, nettoyé chaque jour. L’air est pur, pas d’odeur d’essence ou de gasoil, les voitures sont toutes catalysées, la plupart neuves, très silencieuses. Quant aux services publics eux-mêmes, je vais vous surprendre, l’eau est dix fois moins chère qu’à Montpellier (je vous donne copie des factures quand vous voulez). Mais, attendez, ne vous sauvez pas, l’électricité aussi est beaucoup moins chère, je paye le même prix qu’en France avec une maison du double de surface, climatisée (obligatoire toute l’année) et avec une piscine en plus. Le gaz idem. L’internet idem. Le téléphone portable est à un prix comparable à la France.
Je continue : nous avons demandé la connexion internet un samedi après-midi chez COX à Phoenix, nous avons été branchés 24 heures après, le Dimanche à 15 h. Depuis un an, pas la moindre coupure ou panne. Pour l’électricité ils sont venus le lendemain à 6 heures du matin ; ça fait drôle, hein ? De voir des services publics au service du public.
Je continue : l’école. Ca tombe bien, j’y vais, car je suis des cours pour améliorer mon anglais. Estrella Mountain Community College, 3000 N Dysart, Avondale. Ca c’est de la pub. Car de ma vie je n’avais jamais vu un campus aussi propre, aussi bien organisé, pourvu de toutes les dernières technologies (WIFI gratuit en accès permanent partout, ordinateurs gratuits accessibles partout). Avec des profs qui travaillent tous les jours, suivent personnellement leurs élèves (pas plus de 15 à 20 par classe), ne font jamais grève. Avec des locaux ouverts aux étudiants tous les jours (carte d’accès). Ah, je vous vois venir : le Prix ! Eh bien là aussi je vais vous étonner. Moi je suis étranger, donc je paye un peu plus cher, soit $1000 pour une saison de quatre mois, il y a deux saisons par an, sans interruption. Dans ce prix sont compris l’assurance maladie accident étudiante, toutes les facilités énoncées ci-dessus, ainsi que le matériel fourni dans les classes. Ici, ce qu’on demande aux étudiants, c’est de la motivation et du travail. J’ai déjà fait une année, je peux vous dire que cela n’a rien à voir avec l’EN Française. Les élèves travaillent, les salles sont silencieuses, les profs respectés, les examens de suivi mensuels etc, etc. Pour les étudiants motivés mais impécunieux il y a les bourses d’Etat et les prêts fédéraux, certains ont même des aides gratuites car ils sont méritants ou plus doués que la moyenne (examens et contrôles test). Je sais cela va faire bondir certains, mais si on n’avait pas supprimé l’élitisme à l’EN en France on en serait pas où on en est actuellement, des diplômes sans valeurs, 50% de recalés en première année de fac, chômage massif des jeunes, écœurement des meilleurs et exil.
Voilà j’arrête ici pour le moment. Oui je sais il y a les guerres, l’impérialisme américain à l’étranger. Les pères fondateurs ne l’auraient pas voulu, pas
plus qu’ils n’auraient accepté le Patriot Act, ou la création de la FED. Mais c’est une autre histoire, j’y reviendrai sûrement un jour. Pour l’heure il m’a semblé utile de parler de la vie de
tous les jours. Quant à mon pseudonyme Candide, certains pensent à l’adjectif, alors qu’il s’agit du Candide de Voltaire (bien modestement bien sûr) le Candide de Voltaire, vous savez ?
Celui qui pose les bonnes questions, qui dit les vérités, surtout celles qui gênent.
Cordialement.
Moi j’aime l’Amérique (3)
Août 2009
A tous les impatients du désastre tant annoncé, à tous les serviteurs attentifs de l’apocalypse, à tous ceux qui se lèvent le matin et espèrent en allumant leur télé où leur radio que la nouvelle est enfin tombée : le monde (enfin n’exagérons rien, pas la France qui elle va très bien) s’est écroulé ! Bref à tous les pessimistes qui ont tant de peine et de chagrin pour l’Amérique et qui hantent ce forum, et Dieu sait qu’il y en a des pessimistes dans le village gaulois, à tous je propose un bol d’air optimiste. Fermez les yeux, éteignez vos écrans noirs, posez vos journaux apocalyptiques, vos rapports sinistres, je vous emmène faire un trip en Californie. Oui, oui j’ai bien dit Californie, le pays dévasté, en faillite, champ de ruines etc, etc. On va aller voir sur place. C’est d’autant plus facile qu’on n’aura pas à mettre la main à la poche tous les 20 kilomètres pour payer un péage. Ici on roule gratis.
Départ de Phoenix mardi 18 Août 2009, 6h15.
Le soleil vient de se lever, l’aube est rose et claire. L’air est déjà chaud, il fait 85° F. On prend l’Interstate I10 west direction Los Angelès. La route est large, droite, malgré la circulation on roule très bien. Le cruise control est à 65 miles. Le désert splendide défile de part et d’autre, et cela va durer comme ça jusque dans la banlieue de Los Angeles.
Première étape à 100 miles environ à l’ouest de Phoenix, Quartzsite en Arizona, au milieu du désert. Sur la plaine immense, de novembre à mars, des milliers de RV’s (sortes de caravanes longues comme un autobus) s’installent là et créent une ville éphémère. Des centaines d’échoppes fleurissent un peu partout, qui vendent de l’artisanat des USA, du Mexique, du Canada. Tout le continent américain des RVistes se donne rendez-vous à Quartzsite pour passer l’hiver. Nous y étions passés en février dernier, c’est vraiment impressionnant. Ici la spécialité, ce sont les mines de gemmes, de pierres précieuses, rubis, émeraudes, saphirs etc. Il y en a partout. Mais pour l’heure la plaine est rendue au désert, ne restent que les quelques stations services et commerces permanents qui attendent le retour des snowbirds (surnom donné aux canadiens qui viennent passer l’hiver en Arizona). Entrée en Californie. La première chose que nous voyons, au bord de la route à Chiriaco, un bled perdu dans le désert est le musée du Général Patton. Superbe musée relatant les faits de guerre de celui qui débarqua en Normandie un 6 juin 44 avec le 3ème corps d'armée US, qui libérera Paris et entrera dans Berlin, pour y mourrir d'un accident de la route. Le musée ne parle pas que de Patton, il est formidablement bien achalandé, des blindés, des armes, décorations, explication des différentes guerres de 14-18, 39-45, Corée, Vietnam, Irak et même un mémorial de la Shoa. Les uniformes, armes,décorations, journaux d'époque sont américains, français, allemands. Un musée à voir absolument si on s'intéresse aux armes.
Arrivée à Blythe, première ville californienne sur notre route. Ce n’est pas le désastre, il ne semble y avoir eu aucun bombardement, cette nuit en tout cas. Les maisons sont debout, il y a même des gens dehors. Ensuite c'est palm Spring, la superbe cité au milieu des palmiers et des plans d'eau. Hélas la ville est un peu triste ce matin sous son soleil habituel. Beaucoup de magasins sont fermés et la rue principale, bordée de palmiers et de placettes mignonnes avec leurs fontaines est bien triste. Cela ne nous empêche pas de manger dans un restaurant méditerranéen très propre avec une jolie carte, des tableaux de style et une excellente nourriture. Bref on est content, on sert encore à manger en Californie.
Entrée dans Los Angelès vers 15 heures.
Là, ça change. D’abord l’I10 s’est transformée en terrain de cross, le revêtement est défoncé, ça secoue les amortisseurs, la vitesse est limitée mais cela n’empêche pas les californiens de rouler comme des fous, malgré une circulation intense. Le prix de l’essence aussi est surprenant, on passe à plus de 50 cts d’écart avec Phoenix pour un gallon. Sans doute les taxes. On ne va pas rester ce soir sur LA, on veut aller un peu plus haut, d’autant que la ville est plongée dans un brouillard qui nous cache même la misère. Donc route par la US101, dénommée Pacific Coast Highway.
Traversée de Malibu. La ville est morte. Santa Monica venait de nous faire le même coup. Pas un chat, les plages immenses ne sont remplies que de goélands, de mouettes et autres cormorans. Les maisons de bord de mer ont en majorité un panneau « For Sale, bank owner ou owner property ». De chaque côté de la route c’est le même spectacle sinistre. On fait quand même un petit tour vers les hauteurs de Malibu, là où le spectacle du pacifique est grandiose. Les maisons qui sont perchées là sont magnifiques, luxueuses et pas à vendre. Ouf .
On continue vers le nord. Oxnard et Ventura. On ne voit plus de « forclosures ». La nuit commence à tomber, on trouve une auberge ravissante posée sur la plage. La chambre, à l’américaine c'est-à-dire avec king size et tout le reste, est à $145, vue sur le pacifique offerte. On mange un repas de poissons délicieux le soir aux chandelles sur une pelouse au milieu des bougainvillées et des palmiers, devant les vagues du pacifique à quelques mètres, loin de la civilisation. Repas pour deux à peine $60.
Deuxième jour. Je décide de changer de plan. Au lieu de continuer à monter vers Santa Barbara et Monterey, je veux revoir Los Angeles et faire le tour de la ville. Il fait beau, profitons en.
Mon Dieu ! C’est le cri que j’ai poussé en entrant dans China Town. Vide ! Les 4 cinquièmes des magasins sont fermés, il est 9h45. On déambule ainsi quelques minutes dans le quartier chinois. Les façades rouges et jaunes, décorées de luminaires soigneusement arrangés sont tristes, tellement le silence les emprisonne. Les dragons vociférant sont bien là mais ne menacent personne. On a du mal à respirer, non pas que l’air ne soit pas bon, il l’est, mais de cette impression de disparition soudaine, de ville vidée de ses habitants. Nous sommes à quelques encablures des gratte-ciel du downtown (centre ville).
On repart. Là, changement de décor, le centre ville est toujours aussi beau, un peu plus animé, on voit même un tournage de film. On va aller sur les collines. Visite du Griffith Observatory. On voit les lettres mythiques d’Hollywood à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau de l’observatoire. Il faut absolument voir cet observatoire quand on passe à Los Angeles. Moi qui fréquentait assidument le palais de la découverte dans ma jeunesse, j’ai adoré l’observatoire Griffith à LA. Redescente sur Sunset, la façade du LA Times est ornée d’un splendide panneau peint représentant Obama, le boulevard est animé. On mange dans un ranch près d’un wagon de chemin de fer transformé en restaurant et posé là en plein Sunset Bld. J’imagine la tête des mecs de la DDE en France si on leur demandait de faire ça. Bref le cadre est sympa, ranch cow boy, la bouffe super et pas chère comme d’habitude. Ici il faut tordre le coup à une idée reçue : en Amérique, en général, on mange très bien, souvent mieux qu’en France et de toute façons toujours plus en quantité et moins cher.
On emprunte ensuite Hollywood, histoire de voir les étoiles. Il y en a tellement (un peu comme la légion d’honneur en France) que cela n’a plus aucun intérêt. La rue est quand même pleine de badauds et de curieux. On décide de filer vers le sud. Finalement à part quelques quartiers vraiment sinistrés, LA fait comme si de rien n’était, elle continue à vivre, stoïque, attendant des jours meilleurs. Et par-dessus tout elle sait qu’elle est prête à rebondir et à filer au vent dès que la bise se lèvera.
Descente vers San Diego.
Les quartiers sud de LA avec leur cortège de centre commerciaux tout neufs, laissés derrière nous, nous prenons la 101 en direction de San Diego.
A Garden Grove, il y a un truc absolument fou à voir au moins une fois dans sa vie : la cathédrale de Crystal du révèrent Robert H. Schuller. (Le site : www.crystalcathedral.org).
Puis nous reprenons la route. Visite de Newport Beach et Laguna Beach. Ici aucune trace d’une crise quelconque, aucune forclosure, les maisons sont splendides, comme la lagune sur le Pacifique. Sans mentir, je suis persuadé qu’il y a à Newport Beach plus de Ferrari, de Rolls, Bentley, Porsche, Mercedes haut de gamme(en fait il n’y a que ça) que dans toute la France.
On dormira un peu plus bas à Dana Point. Une chambre à l’Holliday Inn pour moins de $150 avec vue sur le Pacifique, c’est possible et c’est ici que cela se passe.
Le lendemain, nous allons vers San Juan de Capistrano visiter la mission. Splendide lieu à visiter (site : www.missionsjc.com).
L’après midi, nous faisons un bref tour de San Diego : la ville est calme, ensoleillée, pas grand-chose à voir à part le Convention Center et surtout le Horton Plaza (site : www.westfield.com).
On dormira au Holliday Inn de La Mesa sur l’ I8 East. Au Charcoal Restaurant voisin, j’ai dîné d’un carré d’agneau grille au romarin fabuleux. Pour être sincère je leur avais demandé de ne pas me mettre dessus leur « fabulous Jelly Mint dressing ». Prix $15.95.
Vendredi matin, il faut rentrer. On passera par la 8 East direction Yuma.
Yuma, frontière Californie-Arizona-Mexique. En descendant de voiture c’est le choc. De 60 °F sur la côte pacifique, on vient de monter à 98. Le prix du super carburant est redescendu, lui à $2.54 le gallon (3.78litres) au lieu de $3.15 en Californie.
Ici on se fera un Mc Do : le third pounds Angus meal à $5.89 avec coke et frites à volonté est délicieux.
Et puis retour, tranquillement, par la I 8 , la US 85 et l’I10 pour finir. La maison, la piscine, et 107° F. La facture de l’eau est dans la mail box :$40 à peine pour le mois d’août. Ici, en plein désert, on se paye le luxe de payer l’eau (pure et adoucie) dix fois moins cher qu’en France.
Finalement ce petit trip de 1200 miles s’est très bien déroulé, nous n’avons rencontré que quelques endroits sinistrés mais c’est (très) loin d’être la majorité. La vie en Californie, comme ailleurs, continue.
Mais promis, dès que la plaque continentale s’enfonce dans l’océan, je vous tiens au courant.
BONJOUR Guten Tag
Hello !
Buenos Dias
Buongiorno
